Carnet de route

Randonnée Yagour

Sortie :  Randonnée Yagour du 13/04/2013

Le 13/04/2013 par Christophe

Situé à quelque 2500 mètres d'altitude, le plateau du Yagour est une gigantesque dalle de roches rougeâtres, entourée de précipices vertigineux, où l'on découvre des gravures rupestres d'une grande beauté. L'on se croirait sur quelque plateau andin, ou tibétain, avec d'un côté, 2000 mètres en contrebas, la plaine infinie du Haouz, et de l'autre des montagnes ruisselantes de neige dépassant 4000 mètres. Cette randonnée encadrée par deux guides remarquables a été suivie par une trentaine de cafistes accompagnés par quatorze muletiers berbères. Organisation parfaite et paysages d’une stupéfiante variété.

 

13 avril - Nous laissons les voitures dans la vallée de l'Ourika, à quelque 1200 mètres d'altitude, près du hameau de Tazitounte. Après avoir marché sur une piste en terre récemment tracée, nous empruntons un chemin enfoui dans la végétation jusqu'à un gros village accroché à la falaise. Puis, sur un sentier très escarpé mais facile, nous gravissons la paroi rocheuse jusqu'à des replats herbeux où les muletiers nous invitent à déjeuner. Nous reprenons notre randonnée dans un paysage totalement renouvelé : immenses pierriers, vastes alpages, gorges où grondent des cascades gonflées par la fonte des neige, bergeries rougeâtres... Vers 2400 mètres, dans la brume, nous atteignons un étonnant lac nordique où se reflètent de hautes montagnes couvertes de neige. On ne se croirait plus du tout au Maroc mais quelque part en Scandinavie ou au Spitzberg. Ambiance magique. Le campement, une douzaine de canadiennes, a été installé autour d'une grande tente blanche. Après un match de foot entre les berbères et les randonneurs, nous dévorons un excellent dîner. Puis nos accompagnateurs dansent et chantent des airs traditionnels en s’aidant d’ustensiles de cuisine. Pour les remercier, nous entonnons en retour des chansons franchouillardes.

 

14 avril - A l’aube, sous un ciel pur, nous reprenons notre ascension vers le plateau du Yagour. Maigre végétation de toundra, énormes dalles rouges polies par les intempéries, chant lancinant du vent. Les plaques de neige rappellent que nous sommes en altitude (le plateau culmine à 2726 mètres). Ici, les bergers de la vallée viennent en estive (juillet-août). Ce lieu est fréquenté depuis la préhistoire, en témoignent les nombreuses gravures rupestres à la signification mystérieuse, sans doute dédiées à des dieux primitifs. L’isolement et l’étrangeté de cet endroit lui donnent une grandeur mystique. Au sud, on aperçoit les plus hauts sommets de l'Atlas dominés par le Toubkal. Au nord, le regard bascule vers la dépression de Marrakech perdue dans la brume. Nous longeons la ligne de crêtes au-dessus d'impressionnants à-pics, avant de redescendre sur un sentier pierreux agrippé à la paroi rocheuse. La fraîcheur et l'horizontalité du haut plateau laissent la place à la chaleur et à la verticalité de roches écrasées de soleil. Nous découvrons un autre paysage, bouleversant, quasi désertique. Nous déjeunons au pied des falaises, abrités sous un énorme rocher, avant de plonger par un chemin très pentu jusqu'au village berbère où le guide de tête, Rachid, possède un beau et grand refuge. Il nous invite à boire le thé sur la terrasse avec vue imprenable sur les montagnes couvertes de neige. Puis, grâce à une piste facile, nous retrouvons la riante vallée de l'Ourika creusée par un torrent tumultueux.

 

Ces deux journées ont été très conviviales. Elles ont réuni des gens très différents, venus de Marrakech, de Casablanca et même de France. Les échanges avec les muletiers ont été intéressants et chaleureux. Jean-Pierre et Philippe ont suivi un itinéraire en VTT, assistés par une mule lors de passages délicats.

La randonnée a été organisée par JC avec l’aide de Marie.

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