Carnet de route

Ascension Toubkal

Sortie :  Ascension Toubkal du 08/06/2013

Le 11/06/2013 par Julie

 

Samedi matin - midi plutôt, nous entamons l’ascension du Toubkal, plus haut sommet d’Afrique du Nord . Nous sommes 9, seuls 3 d’entre nous sont déjà parvenus jusqu’au sommet. Baptême des 4000 mètres pour tous les autres. Nous quittons le village d’Ahmed, à 1900m d’altitude, au dessus d’Imlil pour traverser le lit sec d’un oued particulièrement large. La traversée caillouteuse et instable donne un avant goût horizontal du pierrier qui nous attend quelques centaines de mètres plus haut.

Commence ensuite un chemin pentu mais sans obstacle. Nous  abandonnons derrière nous les abords verdoyants du lit de la rivière pour atteindre un marabout. Nous déjeunerons quelques mètres plus haut. A présent, le chemin se fait moins abrupte et la végétation plus rare. Après avoir traversé deux points de ravitaillement en jus d’orange frais, nous entamons la dernière partie de la route, pour atteindre, à 3700 mètres d’altitude le gîte du CAF.

Pause soleil, sur la terrasse avant qu’il ne disparaisse brutalement, kidnappé par les falaises. Le dîner est particulièrement copieux, privilège de ceux qui comptent un membre du « comité » parmi eux et proposent de réparer la cheminée. Rapidement l’ennui, la fatigue et la perspective de quitter les lieux avant le jour nous convainquent de rejoindre la chambre qui compte pas moins de 16 lits superposés, dont 4 occupés par des Polonais. L’un d’eux passe la nuit à ronfler bruyamment s’évertuant à gâcher celle des autres.

Au petit matin, après un bref petit déjeuner, nous entamons la véritable ascension. Il fait nuit, nous suivons un petit chemin avant de nous retrouver brutalement au milieu d’un pierrier traitre et épuisant. Dans la nuit, notre guide a manifestement manqué la petite flèche rouge pâle qui indiquait à quel endroit tourner. A ce moment là, nous comptons déjà deux abandons, ce seront les seuls.

Après avoir retrouvé le chemin et la lumière, il faut traverser un col surmonté d’énormes rochers puis continuer, alors que l’air manque, le long d’un chemin pentu dans un paysage lunaire. Première victoire, nous atteignons un point de vue magnifique sur les sommets de l’Atlas. Le soleil a atteint la cime des montagnes, l’air glacé se réchauffe. Quelques photos, à peine le temps de s’extasier et nous reprenons l’ascension. « Qal men saha » indique le guide. Moins d’une heure avant le sommet.

Mécaniquement, nos pas s’allongent malgré un vague sentiment de nausée, malgré le vent cinglant, malgré le froid, malgré les maux de tête, malgré l’air qui manque. Enfin, un détour et nous sommes face à ce qui de loin semblait être un panneau de signalisation et qui de près ressemble nettement plus à une antenne mais qui n’est jamais qu’une flèche de fer pour situer exactement les 4100 mètres d’altitude que nous venons d’atteindre. Nous ne sommes pas seuls. Pendant toute la marche nous aurons croisé beaucoup de marcheurs dont beaucoup d’étrangers. Certains montaient, d’autres descendaient, un homme courait... Au sommet, chacun prend le temps de s’immortaliser le dos contre la flèche. Il ne s’agirait pas que quelqu’un puisse émettre un doute sur un triomphe aussi durement gagné.

Nous ne resterons pas, il fait décidemment très froid et une longue marche nous attend. Tout ce que nous avons monté, il faut à présent le descendre et au pas de course, s’il vous plait. Les pierres roulent ; les jambes fléchissent, mais le chemin est plus simple à situer qu’à l’aller. Nous traversons quelques névés avant de retrouver le gîte. Le temps de manger un plat de pates et nous voilà repartis. Plus de 3 heures plus tard, nous nous retrouvons tous au parking d’Ahmed. 4 heures de routes nous attendent encore avant de retrouver le bercail.







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