Carnet de route

Gravures rupestres

Sortie :  Fête de la montagne du 15/06/2013

Le 18/06/2013 par Hamid LEMASRA

On ne sait même pas pour quelle raison ils ont décidé de se quitter car ils étaient collés l’un à l’autre quelque part au milieu de l’océan. Elle a pris cette direction qu’elle a gardé jusqu’à nos jours. Sa vitesse était constante, elle n’a jamais changé car depuis des millions et des millions d’années, elle fonçait à dix centimètres par an. L’Afrique avait décidé de changer de place. C’est ainsi qu’elle a quitté l’Amérique latine pour retrouver l’Europe un peu plus haut sur cette Terre.

De nos jours, il ne leur reste plus que quatorze kilomètres pour se retrouver. Mais leur partie immergée s’est touchée bien avant. Chacun des deux continents poussait l’autre avec toutes ses forces. De cette manière, des montagnes ont poussé sur l’un comme sur l’autre, des Alpes par ci, des Pyrénées par là. Et l’Atlas. Sa partie occidentale est sortie en premier, suivie de sa partie centrale et orientale. L’Atlas avait pris cette forme de muraille et l’eau est sûrement arrivée jusqu’à ses pieds pendant très longtemps, le temps qu’il a fallut pour qu’une immense couche de gré se dépose, se construise, puis durcisse après le départ de l’eau.  On dirait que la Terre se préparait, s’habillait pour accueillir toutes les formes de vie qu’on connaît et qu’elle a connues dans le passé.

Dans une partie de la Terre où tout était favorable aux hommes, les choses ont commencé à changer. Ce qu’on appelle maintenant le désert du Sahara n’était en réalité qu’une forêt luxuriante. Des hommes y habitaient et pratiquaient leur activité. Mais leur nature de nomade les a poussés à partir quelque part où la vie  était plus sûre que cette forêt qui se transformait lentement en désert. C’est ainsi que l’Atlas a accueilli les hommes. Ils sont arrivés là avec leurs souvenirs, souvenirs de cette forêt, de ces animaux, des moments de chasse, de guerre, de leurs croyances. Ils sont arrivés à cet endroit où cette couche de gré a pris le soin de leur donner un pâturage pour leur troupeau à une altitude où on n’espérait pas le trouver. De l’herbe à perte de vue, de l’eau qui coule, des gros rochers dans tous les coins pour construire des abris. Les hommes arrivaient petit à petit en traversant les cols, les crêtes ; les hauts pâturages de l’Oukaïmeden se sont peuplés.

Les années ont coulé doucement sur ces pâturages et ont vu de nouvelles générations. On aurait pu penser que les hommes avaient peur d’oublier ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils ont vu. Les plus doués parmi eux ont commencé à s’exprimer sur cette roche si tendre qui s’offrait à eux. Il est vrai que le gré est facile à graver. C’est comme cela que des images se sont immortalisées. Ils ont d’abord commencé par taper avec d’autres pierres avant que le temps ne leur fasse découvrir d’autres matériaux qui leur permettaient de perfectionner leurs dessins rupestres.  Les gravures ainsi tracées sont devenues plus lisses que les premières piquetées. A l’arrivée d’autres hommes, d’autres images sont arrivées aussi. Des chariots romains, des poignards de toutes formes et de toutes tailles, des disques. Parfois pris pour des boucliers, parfois pour des disques solaires, ces disques entretiennent toutes les possibilités. On aurait même parfois l’impression de se promener dans un zoo de pierres. Des éléphants, des bovidés, des lions, des phacochères, une hyène tachetée…

Et nous, nous étions là, grands comme petits, fascinés, on touchait avec nos doigts, on évitait de marcher dessus, on essayait d’imaginer ce que ces premiers hommes avaient essayé de nous transmettre. Ils avaient peut-être déjà compris que toute cette diversité était menacée par nous-mêmes. Une simple tentative d’éterniser les images de tous ces moments et créatures. 







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