Carnet de route

Ras Ouanoukrim

Le 01/02/2014 par Adrien Tavernier

Retour après quelques temps et quelques remontrances de la nouvelle gendarmette des récits, sur la sortie alpinisme du 01/02/2014 au 02/02/2014 à destination du Ras Ouanoukrim (4089 m). Pour prendre" la température" de cette sortie, il est nécessaire de remonter en amont du week-end proprement dit… Jeudi soir dans les locaux du CAF à Casa : journée habituelle de préparation des excursions dominicales à venir, deux néophytes (dont nous tairons le nom) intéressés par cette virée vers un des plus hauts sommets de l’Atlas marocain prennent soudain conscience des contraintes inhérentes à ce type de sorties. "Ah bon, en février à plus de 3000m il peut neiger et les températures descendre en dessous de zéro" Charmante lapalissade et petit coup de froid sur l’ardeur des deux alpinistes en herbe… Pour éviter toute fâcheuse déconvenue, la logistique cafiste se met en place : un coup de fil par ci, un coup de fil par là et un patchwork de vêtements hivernaux se constitue (merci Hamid…). Après quelques hésitations avant et pendant la sortie les deux novices ne regretteront cependant pas de s’être joints à l’aventure…

Le samedi matin, Marrakchis et Casawis se retrouvent à Imlil (1660 m) avec comme objectif de rejoindre le refuge du Toubkal (3207 m). Chose plutôt rare en cette période de l’année et à cette altitude, la neige recouvre presque entièrement le paysage. Myriam, l’encadrante de ce week-end, annonce tout de suite la couleur : les conditions neigeuses seront très probablement avalancheuses et l’itinéraire devra certainement être modifié. Avant le départ, chacun des participants (9 en tout) empacte soigneusement son matériel (crampons, piolet, raquettes, pelle de dégagement, ARVA de Recherche de Victimes d’Avalanche…) dans son sac et hisse ce dernier, au choix, sur son dos ou celui d’un porteur. En effet, la psychologie des mules étant très complexe, nul n’a pu encore expliquer le blocage opérant sur ces animaux lorsqu’il s’agit de marcher sur la neige.

Après ces préparatifs, la rengaine de l’autoroute du Toubkal peut alors débuter. Les noyers d’Imlil (1660 m), Aremdt (1950 m), Sidi Chamarouch (2280 m), la longue ligne droite de l’ancienne vallée glaciaire et enfin le refuge (3207 m). Pour la plupart des participants, ce chemin mainte fois emprunté différait résolument de l’ordinaire de par la présence de ce voile blanc magnifiant la beauté minérale du site. Pour ceux arpentant ce sentier pour la première fois, l’émerveillement était bien entendu au rendez-vous et valait sans aucun doute les efforts consentis pour se dépêtrer de la neige à chaque pas. En fin de parcours, un duo féminin (qui s’illustrera quelques semaines plus tard sur le podium du Maroc Kik Trail) décide d’accélérer le rythme pour donner un peu de piment à la marche du jour. Une fois installés au refuge et renseignements pris auprès du gardien, décision est prise de ne pas tenter l’ascension du Ras Ouanoukrim (4089 m) par le couloir nord, plus par peur de la difficulté physique de l’entreprise que par risques avalancheux. Le choix se porte donc sur le Tizi’N Ouagane (3750 m), plus accessible. La soirée se déroule tranquillement autour d’un repas réparateur et d’un désormais traditionnel Jungle Speed.

Le lendemain matin, aux premières lueurs, le groupe, au complet malgré quelques personnes hésitantes, s’élance à l’assaut du col, en crampons et raquettes pour certains, en skis de randonnée pour d’autres. La neige est excellente mais ralentit la progression. Le froid reste supportable et le soleil est bien au rendez-vous, offrant un panorama magnifique se dévoilant vers le nord comme vers le sud une fois arrivé au Tizi’N Ouagane. La redescente vers le refuge, plus ludique que la montée, emprunte des étendues de poudreuse inviolée provoquant quelques chutes et de nombreux éclats de rire. Les skieurs s’en donnent à cœur joie et profitent enfin du bon sens de la pente. Une collation vite avalée au niveau du refuge et le retour vers Imlil débute. Sur les parties les plus basses du parcours, la neige a déjà presque entièrement fondu et une mélasse bien moins esthétique que la veille rend le chemin boueux. Arrivés en bas, fatigue et sourires se confondent pour clôturer ce week-end sportif embelli par l’omniprésence du manteau neigeux avec quelques mots sur toutes les lèvres: quand recommence-t-on ?







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