Carnet de route

Mgoun

Le 06/11/2014 par smail Bousta

A première vue le M’Goun est le 3ème sommet le plus haut de l’Atlas, un massif qui jouit par conséquent d’un prestige moindre que le massif du Toubkal. Mais depuis cette sortie je le place désormais en numéro 1 pour le plaisir qu’il nous a procuré, par sa beauté, la particularité du chemin à parcourir et puis aussi, ça c’est plutôt de la chance, les conditions météo idéales que nous avons eu : pas trop froid, une bonne neige (c’est tellement plus beau lorsque la montagne se pare de son habit de blanc !!), pas de vent, un soleil magnifique et une pleine lune qui a fini de nous envouter.

Bon, il faut dire aussi que le M’Goun se mérite.  La neige tombée quelques jours auparavant a compliqué les choses pour notre groupe qui n’y était pas tout à fait préparé. A environ 3h du refuge, quand nous avons commencé à marcher sur la neige, le verdict que nous craignions tombe : les mules n’arriveront pas au refuge. Discussions, diagnostic : 3 personnes sur les 6 que nous étions ne pourront pas aller plus loin. Nous sommes alors contraints de couper le groupe en 2. Certains retournerons dans la vallée et d’autres continuent l’aventure jusqu’au refuge en portant leurs affaires. Décisions nécessaire et sage pour ceux qui retournent tant il est préférable de ne pas s’aventurer lorsque sa sécurité peut être en jeu ou lorsque l’on sait que le plaisir ne sera pas du voyage.

Nous passons alors après un ultime effort le col qui nous sépare du plateau du refuge de Tarkeddit et entamons une descente avec quelques passages en désescalade pour arriver au refuge sur un coucher de soleil qui vient comme conclure nos efforts et nous souhaiter la bienvenue.

Ayoub qui était déjà très heureux d’arriver au refuge et qui s’émerveille des paysages décide qu’il rentrera dans la vallée le lendemain. Je suis bien content qu’il soit déjà arrivé là et je vois scintiller dans ses yeux l’émerveillement. La prochaine fois il ira plus loin et je suis sûr aussi que ce n’est que le début d’une longue série d’ascensions pour lui. Quant à Bastien, ses dérangements intestinaux ne s’arrangent pas, il accompagnera Ayoub. Je partirai donc avec un groupe rencontré lors du départ et qui est bien arrivé au refuge avec nous.

Réveil à 6h30 au lieu de 6h, et départ à …9h !!! Aïe aïe, on est très en retard, et la neige ne va pas arranger notre progression. Nous verrons où nous en sommes quand nous serons à la crête, mais déjà Caroline de l’autre groupe et moi sommes bien d’accord que si les conditions météos restent bonnes (ce qui est bien le cas selon les prévisions et pour plusieurs jours) nous irons jusqu’au bout même si nous finissons tard. Bonne nouvelle, Abdellah qui nous a suivi la veille et qui est selon les moments guide, cuisinier, excellent animateur aussi, a décidé de monter avec nous.

La marche dans la neige nous ralentit mais nous avançons bien. Puis l’ascension devient plus raide et dans l’ultime section qui nous amène à la crête la neige est glacée. Tout le monde n’est pas équipé, alors à l’aide de mes crampons et Abdellah à l’aide de son piolet, nous sécurisions le chemin, tout le monde passe sans problème.

Nous arrivons à la crête à une heure assez tardive, je crois vers 14h. Caroline et moi nous concertons. Vu les conditions et notre énorme envie d’aller au bout nous décidons de continuer au plus vite jusqu’au sommet, et par conséquent de finir de nuit. Abdellah nous attendra tandis que les autres redescendent vers le refuge.

La crête est longue, très longue, très très longue. Mais nous arrivons au sommet après une marche au pas de charge. Objectif atteint, nous sommes heureux. Pas le temps de s’attarder sur notre joie, il faut vite retourner car nous espérons traverser la section glacée de jour, ce sera plus sûr, pour le reste nuit ou pas nuit peu importe le temps est parfait et stable.

Nous retrouvons Abdellah qui nous a patiemment attendus plusieurs heures, il s’est même offert le luxe d’une petite sieste à près de 4000m. Finalement nous contournons la section glacée par un passage un peu plus haut juste après le coucher de soleil, mais le passage reste délicat.

Le reste de notre descente est juste merveilleux, nous ne sommes pas pressés d’arriver et savourons. Nous marchons sous un ciel étoilé, à la lumière d’une pleine lune qui rend nos frontales inutiles, il n’y a pas de vent non plus, nous avons bien chaud. Une impression de plénitude et de quiétude flotte dans l’air.  

Oh M’Goun merci de ton accueil et de ta générosité !

 

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