Carnet de route

Récit de la rando extrème du Mont Ghenim

Le 27/04/2015 par Clément LACARIN

Tout lors de ce week-end aurait dû bien se dérouler, mais à vrai dire on se retrouve plus avec un film à la Into The Wild version collectif qu’autre chose.

Le groupe se retrouva à la Ferme d’Hôtes gérée par Abdelramane, dit Abdou, le vendredi soir. La fine équipe était composée de Jean-marie, président émérite du CAF, Ahmed, jeune consultant, Evelyne et Bernard, couple de randonneurs chevronnés, Garlonn, bretone professeure de français (cherchez l’erreur), Hassan, jeune homme bientôt à la retraite et Clément, randonneur à mi-temps.

Le samedi matin, la troupe se mis en route en direction du mont Ghenim. Objectif 20 km aller, 20 km retour, les doigts dans le nez.

Après avoir entamé la marche d’approche, le groupe se mis alors, presque naturellement, à faire des pauses toutes les 30 minutes. Tantôt pour prendre des photos, tantôt pour boire de l'eau, l'équipe avait l'air d’apprécier ces pauses répétées et décida d'adopter ce mode de vie confortable.


Ainsi, alors que nos personnages traversaient un bois magnifique, ils décidèrent de faire une nouvelle pause pour se revigorer de fruits et de tangos distribués à tout va par Ahmed. Jean-Marie, notre président adoré, à la vue du jeune Clément en train de manger une orange, décida d’imiter son cadet. Il sortit son plus beau couteau FFCAF daté des 140 ans de la fédé pour découper son agrume. La troupe se remis alors en marche. Au bout de 2 km, Jean-Marie s’exclama: "Oh ! J’ai oublié mon couteau…". Cette phrase anodine devait pourtant s’avérer fatale ultérieurement.

Après avoir traversé la route la plus vallonnée du Maroc, souffert à chaque découverte de colline, et traversé les paysages arides de la vallée, nos compères arrivèrent finalement en haut du mont Ghenim.

Comme disait Abdou, "vous allez voir, une fois en haut, vous allez tout oublier !". Et effectivement,  la magnifique vue du mont Ghenim,  surplombant la ville de Ouaouizert et le lac de Bin El Ouidane ne laissa personne indifférent. L'équipe profita d'un repos bien mérité et regarda avec respect l'arrivée d'Hassan en haut du sommet.
L’équipe se mis alors sur le chemin du retour. Abdou décida d’accompagner Jean-Marie retrouvé le canif égaré, et indiqua à Evelyne : « On se retrouve à « L’Arbre » en bas des lacs ». Evelyne, sans trop se poser de questions, accepta le marché. Après 30 min de marche et que les lacs et les arbres se succédèrent, il n’y avait toujours aucune trace d’un arbre plus particulier que le précédent. La troupe d’Evelyne se dit qu’elle avait peut-être fait une erreur et que maintenant qu’elle était bien engagée dans la vallée, il s’agissait de trouver une solution avant la tombée de la nuit.

Tandis que Clément tentait de mettre à profit ses épisodes de Man vs Wild en montant sur les hauteurs, et accessoirement, pour trouver le guide et le président, Evelyne mena son équipe vers le chemin tracé par le fleuve, en direction d’une route et d’un pâturage à 2 km environ. Là, et las, nos compères arrivèrent, avec plus de mal que de bien, à destination. Quand soudain, ils entendirent les voix d’Abdou et de Jean-Marie un peu plus haut. LA DELIVRANCE !

Mais l’            aventure ne devait pas s’arrêter là. Après avoir fait le plein d’eau et avoir été chaleureusement accueillis par des berbères, nos compères, alors unis comme les dix doigts de la main, se mirent en route pour regagner le gîte.

La nuit étant tombée, le frère d’Abdou vint les secourir dans sa R12 flambant neuve. Alors qu’Evelyne, Hassan, Garlonn, Jean-Marie, et Bernard, pratiquaient les routes marocaines de l’impossible, Abdou, Clément et Ahmed, faute de place dans la R12, entraînaient leur vision nocturne sur les sentiers battus et se firent plus tard ramener en voiture par un ami de notre guide. Au final, tout le monde arriva à bon port, et après un repas copieux composé de soupe d’orge et de tagine de poulet beldi, ils s’acquittèrent d’un repos bien mérité.

Le dimanche fut bien plus calme. Après un petit-déjeuner marocain, la troupe se mis en marche vers les falaises de Moujd. Les magnifiques paysages, alternant champs d’orge, de seigle, de coquelicots, laissèrent nos compères rêveurs. La ballade permis à la fois de découvrir des paysages de rêve et de rencontrer des habitants de la vallée.

La randonnée se termina sur les coups de 12h – 13h. Après des adieux touchants, notre fière équipe se dit que ce voyage resterait gravé dans leur mémoire. Comme le disait justement Garlonn, cette excursion symbolisait bien l’esprit des randonneurs, qui, contre vents et marrées, ou plutôt contre vents et roches, ont la passion de la montagne et ne lâche jamais rien même en situation difficile. Elle ajouta cette phrase simple que ses amis lui disent parfois : « tu vas en rando, tu souffres, et en plus tu payes pour ça ?! ». Oui, car c’est surtout ça être un vrai randonneur.

 

De cette randonnée, on retiendra:

  • l’arrivée d’Hassan en haut du mont Ghenim
  • la gentillesse, la générosité et l’hospitalité des berbères
  • les gémissements d’Ahmed et ses envies de Coca
  • le couteau suisse de Jean-Marie
  • l’instinct de survie d’Evelyne
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