Carnet de route

Randonnée Midelt - Aït Ayach

Le 01/05/2015 par DUPOIRIER Garlonn

Ah les randonnées du CAF! L'excitation du départ, le plaisir de retrouver des têtes connues ou d'en découvrir de nouvelles! Le bonheur d'aller explorer de nouveaux lieux, de se retrouver en communion avec la nature...

Nous voilà partis pour la région de Midelt, plus précisément Aït Ayach. Nous logeons chez Abdellah et sa famille dans un gîte agréable et confortable. Au programme, randonnée vers le col Ikkis le vendredi et marche dans le cirque Jaffar le samedi.

Vendredi, après un délicieux petit déjeuner, nous nous mettons en route pour 9 heures de marche, "pauses comprises" avait précisé notre charmante chef de course sur le descriptif du week-end. Il est 7h30 et nous entamons gaiement cette journée. Nous débutons par une marche dans les vergers de pommiers. Nous profitons de la fraîcheur matinale, le groupe est joyeux, détendu et marche d'un pas serein et expérimenté. Mais rapidement, Abdellah, guide lui-aussi expérimenté semble moins serein que nous : "Allez, allez on se dépêche, nous avons déjà 30 minutes de retard, on va prendre des raccourcis..." (NDLR : raccourcis signifie en langage de guide que l'on quitte la piste pour emprunter des montées un peu plus raides...). Régulièrement, il nous informera sur notre retard, il souhaite que nous pique-niquions au col Ikkis. Peu à peu, la lassitude se fait sentir chez nos joyeux cafistes un peu moins joyeux pour le coup. Les paysages sont arides, l'air est sec, il fait chaud, la faim commence à se faire sentir. Nous cherchons désespérément un petit coin d'ombre pour déjeuner. Trois arbres bienvenus sur le parcours feront l'affaire. Je ne me souviens plus combien de temps a duré cette pause bien méritée mais en tout cas elle semble encore trop longue pour notre guide. Il pensait que les randonneurs du CAF étaient plus rapides! Il se rend compte que le niveau des marcheurs est très hétérogène. Nous repartons, il est 14h30 et il reste soi-disant plus ou moins 4h30 de marche, plus que moins d'ailleurs... 3 randonneurs chevronnés partent en éclaireurs et attendront en bout de piste leurs compagnons qui buvaient tranquillement un thé chez une femme nomade (c'était un peu long, il n'y avait qu'un seul verre!!!). Le col Ikkis n'est toujours pas en vue, on commence à désespérer, le moral est dans les chaussettes, le plaisir n'est plus au rendez-vous, le corps est en mode pilote automatique.

1h30 plus tard, il est 18h, enfin il est là, le tant attendu col Ikkis!!! Hamdoullah! Mais les corps et les esprits sont las, nous avons du mal à profiter de cette petite victoire, d'autant que certains viennent de comprendre qu'il reste encore 2 heures de descente à parcourir avant de trouver le fourgon qui doit nous transporter jusqu'au gîte. Le pauvre Abdellah essaye de se défendre tant bien que mal face aux cafistes désabusés et fatigués...

Finalement, nous retrouverons le fourgon à la nuit tombée, il est 20h45. Résultat des courses : 12 heures de marche (avec les pauses) et 37 kilomètres parcourus!!!!! Après 2h15 de transfert serrés comme des sardines, nous arrivons enfin au gite!!! Il est 23h! Toutefois, l'ambiance était plutôt joyeuse dans le fourgon. Mais d'après Evelyne qui était devant au début du parcours, heureusement qu'on ne voyait pas la piste, très étroite et encombrée de gros cailloux qui obligeaient Aziz le chauffeur à frôler le ravin!

Après une douche méritée, une contre-randonnée s'organise pendant le repas pour la journée du lendemain. Fatim-Zahra semble dépitée et essaye tant bien que mal de rallier ses troupes...

Mais il est 0h45. Au dodo! La nuit porte conseil et répare les corps et les esprits fatigués...

Finalement, seuls 3 frondeurs ne joindront pas au groupe. Nous repartons donc samedi pour une journée de marche : 6 heures de prévues avec les pauses, pas plus, c'est promis! Mais "celui qui a été mordu par le serpent a peur de la corde", nous sommes méfiants... Pour peu de temps, car la découverte des gorges et la marche aquatique qui va suivre va nous ravir. Haut les cœurs! Nous avons l'impression d'avoir un nouveau guide, c'est bien lui, mais ses paroles sont tout autres : "Vous marchez bien, vous êtes rapides, on peut rallonger le parcours..." Euh non merci ! Nous traversons une forêt de cèdres majestueux, nous leur faisons même des câlins afin qu'ils nous transmettent leur énergie. Nous profitons de leur ombre pour pique-niquer tranquillement au frais. Nous repartons le cœur et l'esprit légers. Les souffrances de la veille sont oubliées (ou presque!).

Nous nous arrêtons boire un thé chez des nomades et dégustons un pain frais accompagné de beurre et de confiture ainsi que des cacahuètes. L'endroit est agréable, on aimerait rester plus longtemps, mais il faut repartir. Un dernier effort, une petite montée de 40 minutes et nous retrouvons Aziz le chauffeur du fourgon. De retour au gîte, certains se rendent au hammam de Midelt pendant d'autres restent se détendre au gîte ou dans les vergers.

Le soir, la famille d'Abdellah nous a préparé un couscous majestueux et délicieux, royal diront certains. La bonne humeur est au rendez-vous. On traîne et on se délasse au salon en sirotant des tisanes de louisa, serpolet ou thym. Nous allons nous coucher détendus et heureux.

Demain, il faudra reprendre la route. Certains cafistes, heureux retraités, prolongeront le week-end.

Nous retiendrons de ce week-end : l'accueil simple et généreux d'Abdellah et de sa famille qui nous ont substantés de mets délicieux tout au long du week-end; la patience et le sourire d'Abdellah face à des cafistes contestataires; la bonne humeur qui revient toujours et malgré les souffrances.

Et pour finir ce récit, un grand merci à Fatim-Zahra! Je pense pouvoir m'exprimer au nom de tout le monde, on râle, on râle, mais nous sommes heureux d'avoir partagé ces moments grâce à toi. :-)

 







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