Carnet de route
Randonnée à Aït M'hamed
Le 18/04/2026 par Hanana Oubih
Après rassemblement et rencontre des futurs compagnons de voyage et dans des rires de joie et plaisanteries autour de qui va payer le café pour avoir été en retard, la porte s’est fermée à 14h30, le moteur a tourné et le minibus a foncé vers l’aventure, l’inconnu, le nouveau.
Voilà déjà 2h30 passés assis en minibus, c’est le moment d’une pause bien méritée comme prévu à la station Petromin de Beni Mellal, nous étions surpris par la chaleur, qui ce jour-là a atteint 30°, bonne occasion ou bon prétexte pour tester de nouvelles boissons toutes fraîches.
Arrivés au village d’Ait M’HAMED, nous avons quitté le minibus pour du transport local afin d’atteindre le refuge qui porte aussi le nom de refuge Ait M’HAMED, celui-ci est situé à l’écart du village au bout d’une piste.
Nous sommes arrivés après le coucher du soleil, enfin installés, entre dortoirs et chambres, nous nous reposions du voyage.
En attendant que nos tajines de légumes et viande de chèvre soient bien prêts, une des randonneuses notre chère Nadia nous a fait voyager dans le temps grâce à une séance de Sophrologie.
Une fois dînés, tout le monde ne pensait qu’à dormir pour être prêt pour le lendemain.
8h du matin petit déjeuner sur la terrasse, nous nous rendons compte que le refuge avait une vue imprenable sur les montagnes, de là-haut on pouvait voir Jbel MGOUN 3ème sommet au Maroc (4071 m), Jbel Azourki (3685 m) et Jbel Toubkal (4167 m) 1er sommet au Maroc.
Après un petit déjeuner traditionnel et copieux, on a fait la connaissance de notre hôte Abdullah qui sera notre guide aussi pour la suite.
Abdullah est un homme rêveur, il a commencé de rien et son rêve est de rendre son refuge de plus en plus grand et confortable pour permettre à sa région et ses vallées merveilleuses d’être de plus en plus connues et visitées.
9h15 on entame la randonnée vers la vallée de Wabzaza 6h de marche, 12 kms avec un dénivelé positif de 410 m en vue.
Depuis le début, nous sommes frappés par des paysages sauvages, des écosystèmes forestiers abritant des chênes verts, des genévriers et une biodiversité végétale encouragée par la nature même du site qui est souvent accidenté et difficile d’accès. Notre guide Abdullah a partagé avec nous tout ce qu’il sait sur les plantes médicinales sauvages de la région comme le fameux cactus Zakoum qui fait référence à l’euphorbe résinifère qui est une espèce endémique du Maroc, cette plante qui forme des coussins denses sur les terrains rocheux est réputée pour sa sève laiteuse très toxique et pour la production du miel Zakoum connu pour ses vertus thérapeutiques et qui est diffèrent du miel Daghmous.
Plus on avance dans les sentiers, plus on est frappé par d’impressionnantes falaises calcaires du jurassique et des gorges spectaculaires.
En s’approchant de la vallée et en apercevant la rivière, on était surpris de voir un vieux moulin entouré d’eau sous forme de point d’interrogation, notre guide Abdullah nous a raconté que son bâtisseur de son vivant y habitait seul avec sa femme c’était un réparateur de montres anciennes, il a travaillé nuit et jour à creuser, brûler et mouiller les rochers pour pouvoir les éclater afin de laisser couler l’eau et pouvoir faire construire un moulin qui a dû aider de nombreux villageois à moudre leur blé, nous avons visité le moulin et compris son fonctionnement, puis on a rencontré le fils du bâtisseur, un homme très généreux et hospitalier qui nous a fait visité ses jardins qui longent la rivière, où on peut trouver toutes sortes de fruitiers comme les abricotiers, les figuiers, les vignes, les pruniers et des noyers tandis que sa femme nous préparait du thé du pain tout juste sorti du four ainsi que du beurre tout frais, nous étions frappés par la fatigue et la tristesse qui malgré l’âge et la maladie il ne pouvait s’arrêter de travailler seul sa terre, Abdullah nous a raconté que la majorité de sa récolte est perdue pour faute d’aide car tous ses enfants ont quitté la vallée.
En reprenant la marche, notre guide Abdullah nous emmène vers un grenier, il était parmi les plus accessibles, dans cette vallée un peu isolé et d’accès parfois difficile, les gens construisaient des greniers souvent construits en pierre, sorte de banque ou espace de stockage pour protéger leurs récoltes, céréales, graines contre toutes les intempéries, les animaux et même le vol, notre cher guide Abdullah nous a expliqué que chaque famille possédait son propre espace, chambre ou cellule et si une cellule ne suffisait pas à une famille, elle peut louer une cellule d’une autre famille et en contrepartie payer par la récolte, en sortant du grenier, il nous en montre un autre juste en face mais qu’on aurait jamais vu seuls tellement il était gravé dans la roche.
Pour notre pause déjeuner, Abdullah nous a concocté un espace à l’ombre du grenier et au pied des gorges, où on a pu nous rafraichir les mains et les pieds et même se baigner pour certaines (clin d’œil) car c’était une journée bien ensoleillée, pendant ce temps-là notre guide, rejoint par sa famille nous préparent un pique-nique bien apprécié.
Malheureusement nous n’avons pas pu apercevoir les macaques de barbarie habitant au milieu de ces gorges-là.
Pour les animaux sauvages, il parait qu’un habitant a aperçu une hyène dans la vallée, il y a juste quelques jours.
Nous entamons le retour et la montée par le même sentier, la tête pleine d’information le cœur léger pressés de rentrer pour prendre des douches chaudes et déguster un bon tajine au poulet beldi, puis entre les uns qui préfèrent se reposer et les autres qui partent torche au front dans l’obscurité pour marcher et regarder les étoiles, nous nous préparons pour une bonne nuit de sommeil réparateur au dortoir, bercés par le soupir des uns le ronflement des autres.
Après un petit déjeuner toujours aussi copieux, nous partons pour une randonnée de 2h où on a aperçu des greniers collectifs et des grottes d’accès très étroits, témoins de la période d’instabilité au Maroc et au retour un bon couscous et lben nous attendait.
Le transport local est là nous rangeons nos sacs, saluons et remercions notre hôte, nous revenons au village pour reprendre notre minibus.
Retour vers Azilal, nos chers encadrants Said et Zaki nous proposent de visiter le musée Azilal, cette escapade fut des plus intéressantes.
La province de Azilal regroupe un parc géologique de 5700 km2 avec 57 sites de dinosaures.
La visite commence du big bang aux dinosaures jusqu’à l’apparition de l’humain en passant par l’évolution de la faune et la flore.
Ce musée se caractérise par l’exposition du dinosaure « Spinosaurus maroccanus » et des fossiles tous découverts dans le sud de la vallée d’Aît Bouguemez.
Le retour se fait en douceur nous sommes arrivés à 20h comme prévu.
Merci à Said et Zaki pour votre patience et pour toute l’organisation du voyage, merci à notre guide et notre hôte Abdullah pour nous avoir transmis son amour et sa fierté pour sa province et merci à tous les randonneurs pour leur présence.





