Carnet de route

Sortie alpinisme autour du Goulzist

Le 14/02/2026 par Mehdi Gharnit

Sortie autour du Goulzist enneigé

Il est 14h le Dimanche 15 février. Nous sommes douze, sous un franc soleil, à remonter dans le minibus qui repart de l’Oukaïmeden pour nous ramener à Casablanca. Chacun, de la neige plein les yeux, résume la sortie en un mot : formateur, technique, reposant, exquis, la frite, le pied et Oureasclepios (Science de la montagne) ! On vous explique.

Tout (ou presque) commence le samedi à 2h 30 du matin lorsque nous arrivons en minibus devant le chalet du CAF de l’Oukaïmeden sous une fine neige nocturne qui recouvre la route et les voitures stationnées dans le silence de la montagne. C’est sous un ballet de nuages et d’étoiles que nous allons dormir bercés par la douce chaleur du chalet qui contraste avec le froid vif de l’extérieur.

Samedi matin 9h00. Grasse matinée, petit déjeuner, café, omelette puis réunion de préparation dans la bibliothèque où Taha, Fayçal et Iannis, nos formateurs, nous expliquent comment utiliser tout le matériel nécessaire de la tête au pied. Le casque, le bonnet, les lunettes adéquates, le cache cou puis les trois couches pour protéger le haut du corps et jouer à l’artichaut des montagnes entre vent frais et soleil de plomb. Vient le baudrier, élément central et vital avec ses deux longes courte et longue, ses mousquetons et son réverso sans oublier ses cordes. Enfin, le pantalon, les guêtres, les chaussures hautes et le réglage des crampons et des raquettes. Un sac à dos habilement conçu pour accrocher tout ça, un piolet, de la crème solaire, un pique-nique, 2 litres d’eau par personne et l’ARVA.

Il est midi. Nous sommes prêts, matériel ajusté. Les nuages matinaux sont redescendus dans la plaine découvrant un ciel merveilleusement bleu. Une légère brise nous pousse à décoller en file indienne vers le vallon au nord du Goulzist pour une séance d’ateliers. Nous testons d’abord les raquettes sur une légère poudreuse avant une transition chronométrée vers les crampons plus adaptés. Nous voilà au fond du vallon et au pied de l’Azib – ensemble de petites bergeries en pierre utilisées par les éleveurs au printemps et en été pour faire paitre les troupeaux dans l’Agdal, le pâturage collectif – nous pique-niquons et les ateliers commencent. Sur un premier atelier, Fayçal nous explique comment utiliser les crampons et le piolet en montée et en descente et comment se rattraper et se mettre en sécurité en cas de chute. Taha et Iannis nous apprennent à nous encorder, à réaliser les nœuds et à évoluer en rythme. Un maître mot : Sécurité !

Après cette après-midi technique nous rentrons au chalet pour un dîner bien mérité, débriefer notre première journée et programmer la sortie du lendemain.

Dimanche 4h45, nos réveils retentissent dans la nuit. 6h00, tout le monde est prêt, crampons aux pieds, trois couches sur les épaules et frontales allumées sur les casques. Les silhouettes noires du Goulzist et de l’Angour se découpent sur l’aurore aux doigts de neige. Iannis nous lit, comme il aime le faire, la carte du ciel puis nous progressons dans la peine-ombre, traversons le ruisseau du plateau de l’Oukaïmeden et entamons la montée du Goulzist. Au sommet, un premier arrêt nous permet d’admirer toute la beauté du soleil levant sur la plaine du Haouz. Les premiers rayons frôlent les cimes enneigées puis illuminent au loin, le plateau du Yagour. Nous continuons sur la crête jusqu’au deuxième arrêt où nous mettons en pratique la cordée en trois groupes. Le vent est frais. Le soleil se lève.

Lors du troisième arrêt nos formateurs nous expliquent et nous montrent comment réaliser un point d’encrage sur corps mort et sur becquets rocheux ainsi qu’une main courante. Après une mise en pratique nous entamons la redescente sur le flanc sud du Goulzist. Un dernier atelier-jeu nous permet de tester l’ARVA, système de sécurité vital en cas d’avalanche.

Il est 12h00 et nous retrouvons l’effervescence des pistes de l’Oukaïmeden avant de rentrer au Chalet du CAF pour un déjeuner au soleil lors duquel nous nous jetons sur les frites et les brochettes de poulet !

Pour Fayçal le plus important est d’avoir le pied ferme en montagne. Pour lui, caresser la neige est synonyme de danger ! La montagne ça ne rigole pas. Pour Taha, il faut savoir lire la montagne et évaluer le niveau d’engagement tout en étant conscient des ses capacités et compétences. Pour Iannis c’est la sécurité avant tout. Il faut sortir et progresser, il faut des années. Comme l’a souligné Fabrice lors de la sortie, le discours de nos trois formateurs est d’une cohérence bluffante ! Quand à nous, initiés et en progrès nous les remercions pour tout ce que nous avons appris lors de ces deux journées fabuleuses dans la neige fraiche de février où l’on a su garder la frite tout en ayant le pied ferme et la tête dans les étoiles. 







CLUB ALPIN FRANCAIS CASABLANCA
50 BD SIDI ABDERRAHMANE
ESPACE PROVINCES DE FRANCE
QUARTIER BEAUSEJOUR 20200 CASABLANCA
99350  MAROC
Contactez-nous
Tél. 00 212 522 99 01 41