Carnet de route

Randonnée botanique à Amizmiz

Le 11/04/2026 par .

Récit florissant : Randonnée botanique sur les hauts plateaux de l’Atlas. 

Cette fin de semaine, bien plus qu’une escapade, fut une immersion au cœur de la culture amazigh, où chaque pas sur les hauts plateaux d’Amizmiz révélait un peu plus la symbiose entre l’homme et la nature. Dès notre arrivée à la bergerie, après une ascension rendue ardue par les caprices du ciel – pluie, grêle, puis neige –, nous fûmes accueillis par la chaleur d’un feu crépitant et l’odeur réconfortante d’un couscous à la semoule d’orge. La maison, à la fois moderne et traditionnelle, avec ses portes en bois sculpté et ses plafonds en canisses, devint notre refuge pour ces trois jours d’aventure.

Le lendemain, la neige sur le plateau Dououzrou nous contraignit à modifier notre itinéraire, mais cette contrainte se transforma en opportunité. Sous la guidance d’Ali, notre expert en botanique, nous plongeâmes dans la forêt pour découvrir une flore aussi riche que méconnue. Le serpolet, plante aromatique des montagnes, nous fut présenté comme un trésor culinaire et médicinal. Le genévrier thurifère, avec son bois rouge si prisé en ébénisterie, se dressait fièrement parmi les roches, tandis que le genévrier oxycèdre nous dévoilait ses baies, utilisées depuis des siècles pour conserver la viande fraîche. Ali nous parla aussi du cade, dont le goudron végétal est réputé pour ses propriétés antiseptiques, et de l’asphodèle blanche, dont le rhizome peut sauver des vies en cas de pénurie d’eau.

Les paysages, façonnés par la tectonique et l’érosion, nous offraient un spectacle minéral : grès, schiste à oxyde de cuivre, et bentonite, cette argile aux mille usages, de l’industrie à la permaculture. Chaque pierre, chaque plante, semblait porter en elle l’histoire des tribus amazighes, leur savoir ancestral et leur respect pour la terre.

Le dimanche matin, une randonnée de trois heures et demie nous mena vers les villages anciens et nouveaux, où nous découvrîmes l’art de l’apiculture locale. Ali nous présenta Hassan, un expert en cueillette d’essaims. De nouveau Ali nous expliqua comment l’armoise, l’euphorbe, la menthe poivrée et la menthe pouliot coexistent pour enrichir la pharmacopée locale. Avec les amandiers et les figuiers, les noyers, ces plantes contribuent à former un écosystème harmonieux. Nous apprîmes aussi comment l’eau, source de vie, est partagée selon le droit universel, tribal et et familial, entre captages traditionnels et bassins cimentés avant d’alimenter les vergers et les jardins familiaux.

La justice tribale, mêlant sagesse et pragmatisme, nous fut évoquée comme un pilier de la vie communautaire, où chaque conflit trouve sa résolution dans le respect des coutumes. Les enfants que nous croisions, aux yeux brillants et à la peau dorée par le soleil, incarnaient l’espoir de voir perdurer ces savoirs, ces techniques, et cet art de vivre en harmonie avec la nature.

Cette fin de semaine fut une immersion dans un monde où la beauté et la paix sont les valeurs suprêmes. Les tribus amazighes, gardiennes de ce patrimoine botanique et culturel, nous ont offert bien plus qu’une simple randonnée : une leçon de vie, une promesse de transmission, et l’envie de revenir pour continuer à apprendre et à rendre hommage à ceux qui préservent cet équilibre fragile entre l’homme et la terre.

En quittant Amizmiz, le cœur léger et l’esprit enrichi, nous emportions avec nous le parfum de la myrte, le souvenir des paysages minéraux, et la certitude que la nature, ici, est bien plus qu’un décor : elle est une compagne de vie, une source d’inspiration, et un héritage à chérir.

Un grand merci à Ali et sa famille et ses amis, à Fatima Zahra et Karim, les encadrants et à tous les participants pour la gentillesse et la richesse des échanges.







CLUB ALPIN FRANCAIS CASABLANCA
50 BD SIDI ABDERRAHMANE
ESPACE PROVINCES DE FRANCE
QUARTIER BEAUSEJOUR 20200 CASABLANCA
99350  MAROC
Contactez-nous
Tél. 00 212 522 99 01 41